11 mai 2009
Portrait 2.0 : Mathieu Baudin
Mathieu Baudin n'est pas moniteur à l'école du ski de Valmeinier. Enfin si. Mais c'est pas le même. Non, Mathieu Baudin est rêveur de possibles, c'est-à-dire qu'il est prospectiviste. La prospective, souviens-t-en, c'est l'étude des futurs possibles, Derechef t'en avait déjà parlé à l'époque où Eric Besson, alors Ministre du Futur, s'intéressait à l'avenir du football français. Finalement, le futur d'Eric Besson, ç'aura été d'expulser des sans-papiers, mais ceci est une autre histoire...
Mathieu Baudin, donc, est prospectiviste, et il s'intéresse essentiellement au développement durable, qu'il enseigne au Conservatoire National des Arts et Métiers et à l'Ecole Centrale de Paris (où il est d'ailleurs directeur du programme Développement Durable). Convaincu qu'il est par le développement durable, il a pris position en 2007 pour un vice-premier ministre du développement durable. Nicolas Sarkozy l'ayant entendu, il a nommé Jean-Louis Borloo à un poste honorifique qui ressemble à peu près à ça, et du coup, depuis, il y a des Grenelle tous les mois. Bon. Récemment, Mathieu Baudin a essayé d'expliquer aux lecteurs du Figaro que jamais les marges de réinvention du monde n'ont été aussi grandes. Les lecteurs du Figaro sont déçus, ils préféraient les vieilles dames de Jacques Faizant, à leur âge ça les faisait plus rêver que les marges de réinvention du monde.
En dehors de ça, on peut supposer que Mathieu Baudin est quelqu'un de bien, vu qu'il a plus de 200 amis sur Facebook, dont je fus avant de me déréseauter. D'ailleurs, il fait de l'origami et de la sculpture sur pierre, et il prépare une thèse sur le savoir des nouveaux princes ou la culture générale comme art des liens pour comprendre son temps, ces trois faits n'étant pas forcément en forte corrélation, mais c'est juste pour dire.
Voilà en gros ce qu'on peut apprendre de Mathieu Baudin sur internet, quand on n'a pas la chance de le connaître.
Une dernière chose. En avril dernier, Mathieu Baudin a publié aux éditions de l'Harmattan Le développement durable, nouvelle idéologie du XXIe siècle. Achète-le, emprunte-le ou vole-le, mais lis-le.
23 avril 2009
Portrait 2.0 : Claude-Marie Vadrot
Quand on cherche des renseignements sur Claude-Marie Vadrot sur internet, on trouve des choses sur le développement durable et la biodiversité. Ce qui met déjà la puce à l'oreille. Si on fouille un peu mieux, il apparaît que ce personnage enseigne à l'Université Paris VIII, notamment l'Histoire des protecteurs de l'environnement. Voilà qui est louche. Claude-Marie Vadrot est par ailleurs journaliste, il fut grand reporter au Journal du Dimanche de 1989 à 2006, et il est président de l'Association des Journalistes pour la Nature et l'Ecologie. Il semble être en outre spécialiste de la Russie, et a écrit un livre sur les castors. Comme si les castors savaient lire...
Journaliste, il l'est toujours, et il écrit dans Politis, "L'hebdo indépendant et engagé". Ben voyons... Dans Politis, Claude-Marie Vadrot fustige la fraise espagnole et dissimule à peine un inadmissible soutien au terroriste d'ultra-gauche Julien Coupat, justement incarcéré pour le bien de l'ordre et de la sécurité. Claude-Marie Vadrot est un ennemi du fichage des citoyens, qu'il n'hésite pas à qualifier de flicage, ce qui prouve bien qu'il a des choses à se reprocher. Il tient également un blog, dans lequel, odieux fumeur de pipe cosmopolite (comme le montre la photo illustrant ce portrait), il s'insurge contre la bonne censure, métropolitaine et hygiénique, de la pipe à Tati.
Bref, la preuve en est faite, je pense, Claude-Marie Vadrot est un dangereux activiste gauchiste, ennemi de l'ordre et de la morale. En conséquence, même si Claude-Marie Vadrot n'est somme toute qu'un pas grand-chose (songez que Google ne renvoie même pas 20 000 pages à son nom, soit considérablement moins que pour Brice Hortefeux, et qu'aucun groupe ne parle de lui sur Facebook), c'est justice bien légitime que les dévoués serviteurs du bon du beau et du juste l'aient empêché, le 31 mars dernier, d'instiller sa pensée sournoise, insidieuse, révolutionnaire et vraisemblablement empreinte d'évolutionnisme dans l'esprit de jeunes étudiants innocents dans l'enceinte du Jardin des Plantes de Paris. Cet épisode exemplaire est relaté ici.
21 mars 2009
Portrait 2.0 : Joseph Ratzinger a.k.a. Benoît XVI
Joseph Alois Ratzinger est né en 1927. En 1953, il soutient une thèse de doctorat à l'Université de Münich qui porte sur Le peuple et la maison de Dieu dans la doctrine ecclésiale de Saint-Augustin, sujet qui vaut bien l'Amélioration de la résistance au choc du polyamide 12 par dispersion de polybutadiène hydroxytéléchélique, si on regarde bien. Entre deux, pas grand chose. Ah, si, Joseph Ratzinger a joué aux dés avec Günter Grass en 1945. L'histoire ne dit pas qui a gagné.
Bien qu'opposé à la théologie de la libération en ceci qu'elle serait fondamentalement une herméneutique et semble procéder d'une fin foncière de non-recevoir opposée à la modernité (bon, en fait, c'est juste parce que c'est un truc de gauchistes qu'il aime pas ça, faut pas chercher à comprendre plus loin...), Joseph Ratzinger devient en 1998 Commandeur de l'Ordre de la Légion d'Honneur, ce qui n'a certes aucun rapport, mais on se demande quand même bien pourquoi.
En 2005, un chilien, Jorge Arturo Medina Estévez, annonce à la chrétienté et au reste du monde que Joseph Ratzinger a été élu pape. Il choisit comme nom de scène Benoît Ixvéhi, qu'on écrira pour plus de facilité Benoît XVI (ou Benedetto XVI, ou Benedict XVI, ou Benedikt XVI etc..., les papes présentant généralement la singularité d'être les seules personnes dont le prénom se traduit, c'est étrange, Mathieu Vervisch ne devient pas Matej quand il va tourner à Prague, que je sache, mais là n'est pas le propos). Quoi qu'il en soit, ce pseudonyme assurera sa notoriété, si bien que Google renvoie 200 000 références de plus à la requête Benoit XVI qu'à la requête Joseph Ratzinger.
Benoît-Benedetto-Bendict-etc XVI est assez peu présent sur le web 2.0, ce qui n'est pas surprenant. Ainsi, sur Facebook, il n'y a qu'un profil au nom de Joseph Ratzinger (257 amis), 3 au nom de Benoît XVI (0, 0 et 149), et assez peu, avec pas plus d'amis, avec les autres traductions de son prénom. Chose amusante, il semble qu'à Singapour Xvi soit un nom relativement répandu. L'un de ces Xvi a pour prénom Benedict, et il a 165 amis sur Facebook, apparemment presque tous de Singapour. Ah ah ah, voilà qui est cocasse.
Benoît XVI (Ratzinger, pas Benedict Xvi de Singapour) considère que l'utilisation du préservatif aggrave le problème du SIDA.
09 mars 2009
Portrait 2.0 : Brice Hortefeux
Quand on tape Brice Hortefeux sur Google, il y a 1 040 000 réponses. C'est vertigineux, surtout quand on considère qu'il n'y en a que 99 100 pour Pierre-Gilles de Gennes. On apprend au hasard de ces 1 040 000 réponses des choses étonnantes sur Brice Hortefeux. Notamment qu'il possède la double nationalité Franco-Béninoise, et qu'il est Commandeur de l'Ordre Camerounais de la Valeur (ce qui doit être une distinction trop super, en fait, quand on y réfléchit bien, et qu'il a probablablement hautement méritée).
Brice Hortefeux n'est pas inscrit sur Copains d'avant. C'est normal. Le seul copain qu'il ait gardé d'avant, c'est Nicolas Sarkozy, et il le voit très souvent, il n'a donc pas besoin du web 2.0 pour rester en contact avec lui. D'ailleurs, Brice Hortefeux n'a pas non plus beaucoup de copains de maintenant, apparemment, si on en croit Facebook. Sur Facebook, il y a en effet 6 profils au nom de Brice Hortefeux, sur 5 d'entre eux il n'a pas d'amis, et sur le sixième il n'en a que neuf. Cela étant, aucun de ces profils n'étant public, on peut douter de leur authenticité. L'activité globale relative à Brice Hortefeux sur Facebook est du reste assez faible. Un groupe à peu près officiel lui attribue 446 supporters, dont un qui s'appelle Mortimer Lefilsdepute (à mon avis c'est pas son vrai nom). Quelques autres groupes font référence à Brice Hortefeux, parmi ceux-ci on en retiendra un certain nombre qui prônent son expulsion, par exemple au Mali (68 membres), un qui propose de lui offrir une veste 3/4 en cuir pour lui donner un look gestapo (92), un qui trouve qu'il ressemble à Krusty le clown (40), un qui lui propose de renvoyer Cindy Sander sur sa planète (69), mais aussi, il faut bien l'admettre, quelques groupes de soutien, comme The BRICE HORTEFEUX appreciation society (184), malheureusement parasités par des opposants qui empêchent d'avoir une idée exacte du nombre de sympathisants de Brice Hortefeux (parfois appelé Brice-tout-luisant, c'est moche de se moquer comme ça...).
Brice Hortefeux a été député européen de 1999 à 2005. Manifestement peu assidu, si on en croit le nombre de ses interventions sur cette période : 55 questions dont 1 seule orale, la première, en 2000, et 7 interventions en séance plénière, la dernière datant de 2002. A titre de comparaison, son suppléant depuis qu'il a démissionné pour devenir ministre en juin 2005, Jean-Pierre Audy, 380 000 références Google, a en deux fois moins de temps posé 17 questions dont 2 orales, fait 7 propositions de résolution, pondu 2 rapports, émis 5 avis et perpétré 331 interventions en séance plénière. Bravo Jean-Pierre, bouh Brice.
Peu assidu, Brice l'était déjà apparemment à l'école (et c'est pour ça qu'il a pas d'amis d'avant, tout se recoupe). Né en 1958, il a obtenu sa licence de droit en 1982, à 24 ans, et sa maîtrise deux ans plus tard. Rien de particulièrement infâmant, certes, mais c'est bien loin de ce qu'on peut appeler un parcours scolaire et universitaire exemplaire.
En 2007, Brice Hortefeux a accepté de devenir Ministre de l'Identité Nationale.

