Derechef

Peccadilles, indignations et autres petits textes philosophiques

27 avril 2009

Pourquoi détester les gros

Tu ne supportes pas les gros, mais tu ne sais pas vraiment bien pourquoi, et lors de réunions sociales avec tes amis bien-pensants, tu te retrouves bien vite penaud et à court d'arguments pour expliquer ta haine du patapouf. Le MAUHCA, manuel d'altérophobie à l'usage des haineux à court d'arguments, est là pour t'aider à assumer fièrement ton antiadipisme primaire.

botero21- Les gros sont monomaniaques. Ils ne parlent que d'une chose, la même, tout le temps : leur poids. Et vas-y que j'ai perdu 37 grammes, et vas-y que j'ai pris 7 kilos, et vas-y que non, pas plus d'une assiette de frites parce-que-tu-comprends... C'est bien simple, ils en parlent presque autant que les filles minces. C'est pénible.

2- Les gros ne s'assument pas. S'ils sont de forte corpulence, ce n'est pas parce qu'ils bouffent tout le temps. Non. C'est parce qu'ils métabolisent différemment... les personnes de forte corpulence... ben bien sûr... et moi, je suis pas à moitié chauve, je suis capillairement contrarié, ouais... à cause que je kératinise différemment... C'est pas des personnes de forte corpulence, c'est des patapoufs et puis c'est tout ! C'est assommant.

3- Les gros sont une insulte au développement durable. L'empreinte carbone d'un gros qui bouffe un demi-boeuf chaque jour est absolument honteuse, et l'énergie qu'il faut pour les déplacer sur quelques kilomètres, que ce soit en voiture ou en avion, permettrait de faire pousser assez de laitues pour nourrir un top-model pendant toute sa carrière. C'est abject. Ryanair l'a bien compris, qui prévoit de faire payer le prix fort aux adipeux qui voudraient voyager dans ses avions. Bravo Ryanair.

Non, décidément, les gros sont en tout point détestables. Seul Woody Allen pourrait à la rigueur relever le niveau, malheureusement il peine à dépasser les 50 kilos (tout mouillé et avec ses lunettes).



26 avril 2009

BinetQuelqu'un, entre deux étages, est-il surpris par l'extinction de la lumière ? Aucun problème... il lui suffit tout simplement de remonter jusqu'à l'interrupteur sans s'affoler, d'appuyer derechef sur le bouton, et à nouveau la lumière jaillit !

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23 avril 2009

Portrait 2.0 : Claude-Marie Vadrot

vadrot1Quand on cherche des renseignements sur Claude-Marie Vadrot sur internet, on trouve des choses sur le développement durable et la biodiversité. Ce qui met déjà la puce à l'oreille. Si on fouille un peu mieux, il apparaît que ce personnage enseigne à l'Université Paris VIII, notamment l'Histoire des protecteurs de l'environnement. Voilà qui est louche. Claude-Marie Vadrot est par ailleurs journaliste, il fut grand reporter au Journal du Dimanche de 1989 à 2006, et il est président de l'Association des Journalistes pour la Nature et l'Ecologie. Il semble être en outre spécialiste de la Russie, et a écrit un livre sur les castors. Comme si les castors savaient lire...

Journaliste, il l'est toujours, et il écrit dans Politis, "L'hebdo indépendant et engagé". Ben voyons... Dans Politis, Claude-Marie Vadrot fustige la fraise espagnole et dissimule à peine un inadmissible soutien au terroriste d'ultra-gauche Julien Coupat, justement incarcéré pour le bien de l'ordre et de la sécurité. Claude-Marie Vadrot est un ennemi du fichage des citoyens, qu'il n'hésite pas à qualifier de flicage, ce qui prouve bien qu'il a des choses à se reprocher. Il tient également un blog, dans lequel, odieux fumeur de pipe cosmopolite (comme le montre la photo illustrant ce portrait), il s'insurge contre la bonne censure, métropolitaine et hygiénique, de la pipe à Tati.

vadrot2Bref, la preuve en est faite, je pense, Claude-Marie Vadrot est un dangereux activiste gauchiste, ennemi de l'ordre et de la morale. En conséquence, même si Claude-Marie Vadrot n'est somme toute qu'un pas grand-chose (songez que Google ne renvoie même pas 20 000 pages à son nom, soit considérablement moins que pour Brice Hortefeux, et qu'aucun groupe ne parle de lui sur Facebook), c'est justice bien légitime que les dévoués serviteurs du bon du beau et du juste l'aient empêché, le 31 mars dernier, d'instiller sa pensée sournoise, insidieuse, révolutionnaire et vraisemblablement empreinte d'évolutionnisme dans l'esprit de jeunes étudiants innocents dans l'enceinte du Jardin des Plantes de Paris. Cet épisode exemplaire est relaté ici.

21 avril 2009

Facebook, c'est le diable !

fessesboucIl y a quelque temps, je pestai sur la fâcheuse tendance de Facebook à vouloir garder les informations que je lui avais fournies et souhaitais voir effacées de sa mémoire. Un mien ami m'a récemment ouvert les yeux sur le fait que les choses sont encore bien pires : Facebook te conserve dans ses fichiers même si tu l'as soigneusement évité ! En effet, ce mien ami, que j'appellerai Monsieur J pour préserver l'anonymat qui lui semble cher, venait de recevoir une invitation d'un de ses amis de la vraie vie pas virtuelle, disons Monsieur M, à le rejoindre sur Facebook. Et c'est Facebook soi-même qui lui transmettait l'invitation.

Rien de bien problématique à ce niveau. Sauf que Monsieur J avait auparavant déjà refusé des invitations similaires de Mademoiselle C et de Monsieur X. Or, ce diable de Facebook, en envoyant à Monsieur J l'invitation de Monsieur M, lui a aimablement rappelé qu'il avait déjà été invité par Mademoiselle C et Monsieur X, et que, quand même, avec tous ces amis qui l'invitaient, il risquait de passer pour un putain de goujat même pas à la page s'il persistait à ignorer ce fantastique réseau social. Donc, pas besoin d'adhérer à Facebook pour qu'il conserve des données sur vous, notamment qui sont vos amis. Brrrrr !!!!

Pour atténuer quelque peu la paranoïa bigbrotheriste qui nous guette, je vous conseille de lire l'intéressante analyse d'Antonin Grégoire sur Rue89.

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17 avril 2009

Sarkozy insulte tout le monde...

insultes

... Ségolène prépare une tournée d'excuses.

excuses

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16 avril 2009

Sacré nom d'une pipe !

tatiIl n'est pire censure que celle qui n'est pas sollicitée directement par l'homme aux ciseaux, mais qui émane directement d'un petit chef intermédiaire, induite par un climat nauséabond de peur, ou en l'occurrence d'incertitude sur la conduite à tenir face au politiquement correct. Non, je ne cherche pas ici à parler derechef d'Orelsan, mais bien de Jacques Tati.

Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a fait Jacques Tati ? Il n'a rien fait, il est mort, il ne fait plus rien. Mais quand il était vivant, son personnage arborait constamment une magnifique pipe bien plantée dans son bec. Et c'est là que le bât blesse. La cinémathèque de Paris entreprend de proposer une exposition consacrée à Jacques Tati, et décide de communiquer par voie d'affiche dans le métro. Tout va bien jusque là, sauf que, sur l'image choisie pour l'affiche, Tati a, évidemment, sa pipe en bouche. Mon Dieu, s'écrie alors un responsable de la Régie Autonome des Transports Parisiens chargé de ce genre de choses ! Un homme avec une pipe en bouche, sur les murs de mon beau métropolitain ! N'y a-t-il pas là lieu de craindre les foudres répressives de la force publique, pour apologie du tabagisme et incitation au crime cancéreux, en vertu de la loi Evin ? Dans le doute, censurons, cachons cette pipe que d'aucuns ne sauraient voir ! Et de censurer l'affiche afin d'y ôter l'immonde appendice.

RATP_logoDes précédents, il y en eut. Et si on y regarde de plus près, plus le temps passe, plus c'est con. En 1983, Morris est contraint d'ôter la cigarette de la bouche de Lucky Luke, et la remplace par un brin de paille. C'est printanier, et ça peut se comprendre, après tout Lucky Luke est un héros pour la jeunesse, il ne faut pas qu'il montre le mauvais exemple. En 1996, La Poste décide d'éditer un timbre à l'effigie d'André Malraux, et choisit une belle photo de lui dans ce but. Malheureusement, il y fume. Entre ici, André Malraux, mais sans ton clope. La Poste efface donc le mégot de Dédé, et, là encore, on peut le comprendre, les timbres, tout le monde les voit, et André Malraux est un héros pour la jeunesse de l'époque (?), donc évitons l'apologie. Et en 2009, donc, la RATP casse la pipe de Tati. Or, c'est inutile, car Tati n'est même pas un exemple pour la jeunesse, qui n'en a cure et ne le connait guère. Ridicule.

Comme la mode est par ailleurs au jet d'opprobre sur les chanteurs, voici, gracieusement, une liste non exhaustive d'artistes à proscrire, à bannir des ondes, du streaming et du téléchargement, au nom du droit à l'air pur et de la lutte contre le cancer :

Brassens1Georges Brassens : Mais j'retrouv'rai plus ma foi Dans mon coeur ni sur ma lippe Le goût d'ma vielle pipe en bois Sacré nom d'une pipe  Salaud de moustachu qui regrette sa pipe !
Serge Gainsbourg : Dieu est un fumeur de havanes  Dieu est un modèle pour la jeunesse, insinuer qu'il fume va immanquablement l'inciter à se goudronner les poumons.
Sylvie Vartan : L'amour c'est comme une cigarette  L'amour est une chose positive, l'assimiler au tabac c'est décréter que le tabac est bon pour la santé !!!
Jacques Higelin : Je suis amoureux d'une cigarette Toute la sainte journée elle me colle au bec  Sans commentaire.
Hubert-Félix Thiéfaine : 113e cigarette sans dormir  En même temps, pour ce qu'il passe à la radio...

Amuse-toi toi-même à en trouver d'autres, et à exiger des responsables de la RATP qu'ils excluent de leurs couloirs quiconque reprendrait une de leurs œuvres, à titre préventif, on sait jamais.

13 avril 2009

Dictionnaire des mots qu'existent pas (et qu'on utilise quand même)

Débaptisation   n.f. XXIe s.  fait de prendre les devants avant de se faire excommunier parce qu'on a utilisé un préservatif au moins une fois dans sa vie

baptemeS'il est un mérite que l'on peut reconnaître à Benoît XVI, c'est bien celui d'offrir au dictionnaire des mots qu'existent pas (et qu'on utilise quand même) une doublette de nouveaux synonymes, débaptême (278 occurrences sur google) et débaptisation (plus populaire, 13600 occurrences). Cela grâce à une succession de sorties médiatiques malheureuses, sur lesquelles on ne reviendra pas ici, qui encouragent un certain nombre de bons catholiques à renoncer (au moins partiellement, on ne va quand même pas jusqu'à l'apostasie, malheureusement) à leur embrigadement religieux. Mais là n'est pas le sujet, contentons nous de parler des mots.

Le débaptême et la débaptisation, donc, sont deux mots qu'on entend de plus en plus, et qui sont absents de mes dictionnaires de référence et n'existent donc pas. Tous au plus y trouve-t-on le verbe débaptiser, mais ce dernier ne revêt en aucun cas la moindre acception liée à la religion, il n'est défini qu'ainsi : priver quelqu'un de son nom pour lui en donner un autre. Il est intéressant de noter que la débaptisation qui pourrait être issue de ce verbe ne saurait guère être active mais bien passive. La nouvelle mode du débaptême, en revanche, est un acte pleinement conscient et revendiqué.

Bravo donc à M Ixvéhi d'encourager, par ses actes et ses paroles, des réactions qu'aucun dictionnaire n'était parvenu à anticiper.

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07 avril 2009

Dictionnaire des mots qu'existent pas (et qu'on utilise quand même)

Réseautage   n.m.  établissage de connectages

reseautageLes mots en -age sont la plupart du temps très laids. Gavage, bizuthage, fromage, carrelage, coprophage, ratage. Tout cela est lassant, imbécile, puant, froid, dégueulasse ou dommage. Alors, quitte à néologiser, pourquoi ne pas une bonne fois pour toutes oublier les mots en -age ? Les mots en -isme, c'est bien, non ? Pourquoi pas réseautisme ? Ah bah non, c'est moche aussi, et puis de toutes façons, c'est réseautage, le mot qu'existe pas (et qu'on utilise quand même).

Alors réseautage, donc. Le réseautage, c'est le fait de chercher à connaître quelqu'un qui connait quelqu'un qui connait un gars qu'a vu l'homme qu'a vu l'ours. Pour élargir le cercle de ses amis, en quelque sorte. Un peu comme quand Facebook te suggère tout seul des nouveaux amis, sous prétexte qu'ils sont déjà amis avec plusieurs de tes amis, et suivant le principe selon lequel les amis de mes amis sont les amis des amis de mes amis, et donc les amis de l'homme qu'a vu l'ours, et subséquemment de moi par la même occasion. Même si des fois non, mais ça, Facebook, il peut pas le savoir.

Volià donc ce qu'est le réseautage. Il convient de noter que quand le réseautage s'étend à la sphère professionnelle, il peut s'avérer un excellent outil pour faire un couloirage efficace (couloirage étant un mot qu'existe pas et qu'on utilise pas, étant donné qu'on utilise lobbying à la place, qui veut dire la même chose, mais en anglais, et que dans le cadre de la sphère professionnelle mieux vaut utiliser des mots anglais qu'existent qu'un équivalent français, surtout quand cet équivalent existe, ainsi on dira steering comittee plutôt que comité de pilotage, mais aussi parfois quand il existe pas et qu'on pourrait bien quand même l'utiliser si on voulait comme couloirage, ça y est, j'ai fini ma parenthèse).

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