31 mars 2009
Politiquement correct mes couilles
Hey Joe, where are you going with that gun in your hand ? I'm going down to shoot my old lady, you know I 've caught her hangin' around with another man. Hey Joe, I've heard you shot your woman down, you shot her down to the ground. Yes I did, I shot her, you know I caught her messin' round.
Bientôt le 21 juin. Bientôt la fête de la musique, avec sa panoplie d'adolescents qui vont se prendre pour Hendrix dans la rue, avec plus ou moins de bonheur, et qui vont jouer et chanter Hey Joe. Impossible d'échapper à Hey Joe si on sort le soir de la fête de la musique, c'est statistiquement prouvé. Quand on regarde les paroles de Hey Joe, on se rend compte que si Valérie Letard, Ni Putes Ni Soumises, la Grande Loge Féminine, le PS indigné, Christine Albanel et, en gros, 98 % de la France médiatique cherchaient à être cohérents, ils devraient demander l'annulation de la Fête de la Musique, et la mise en examen pour apologie de crime et incitation à la violence de tous les boutonneux aux cheveux gras qui prévoient de se la jouer Jimi plays Monterey le 21 juin prochain, et aussi ceux qui suivent.
Et pourtant ça n'arrivera pas. Et c'est tant mieux. Pourtant, que dit Hendrix dans cette chanson (qui n'est pas de lui mais de Billy Roberts, ce qui ne change rien au propos, c'est juste pour le plaisir de digresser un peu) ? Qu'il va tuer sa femme parce qu'elle traîne avec un autre homme. Et en plus, il ne se contente pas de dire qu'il va le faire, il le fait (yes I did, I shot her). Ah oui, mais non, en fait c'est pas Hendrix qui tue sa femme, c'est même pas Billy Roberts, c'est Joe, c'est un personnage, c'est juste une chanson. Tout le monde s'en rend compte, personne ne s'offusque, Valérie Letard et le PS indigné ferment leur mouille.
Mais quand Orelsan chante Sale Pute, [...] j'veux qu'tu crèves lentement, [...] j'rêve de t'voir imprimée d'mes empreintes digitales, [...] on verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée (je m'arrête là, il y a plus grossier et plus violent, mais je ne vois pas l'intérêt ici d'être exhaustif), personne ne comprend que ce n'est pas forcément lui qui menace (et qui contrairement à Joe, ne passe pas à l'acte), mais un personnage. C'est sa faute, aussi, il n'avait qu'à commencer sa chanson par J'me présente, je m'appelle Henri, j'aimerais bien que tu crèves lentement... Là, tout le monde aurait compris que c'était une fiction. Bah oui, il s'appelle pas Henri, il s'appelle Orelsan, donc c'est pas lui, c'est le personnage... Mais non, il a oublié les précautions oratoires qui auraient pu rendre sa chanson politiquement correcte, et donc tout le monde veut l'interdire, le censurer, le lapider pour l'exemple. Alors que franchement, il m'a plutôt l'air d'être un bon petit gars sympa et pas trop con, complètement dépassé par cette polémique à deux ronds, dans laquelle chacun, dans le grand cirque médiatique, est maintenant obligé de le montrer du doigt sous peine d'être considéré soi-même comme héraut de la violence faite aux femmes.
Il serait bon que Christine Albanel, la Grande Loge Féminine, le PS indigné, les blogueuses influentes et autres réalisent enfin que si la violence, les discriminations, la guerre et toutes les choses pas bien qu'on verrait pas au pays des Bisounours font partie de la vie, il est normal que l'art s'en empare et en fasse des sujets. Qu'on n'aime pas le rap, ça peut se concevoir. Qu'on se prétende responsable et qu'on ne soit pas capable d'analyser une œuvre avec un minimum de recul, ou, pire, qu'on en soit parfaitement capable mais qu'on surfe sur la vague de la tartufferie ambiante, en revanche, ça m'énerve.
T'en fais pas, Orelsan, il n'y a pas qu'Anaïs pour te soutenir, je suis là aussi (même si ça ne va certainement pas te servir à grand chose).
24 mars 2009
[...] dans le Bas-Bangui, dans la N'Goko Sanga, de l'Oubangui au Pool, maris, frères, fils, ne revenaient pas. C'était la grande fonte des nègres ! Les huit mille hommes promis aux "Batignolles" ne furent bientôt plus que cinq mille, puis quatre mille, puis deux mille. Puis dix-sept cents ! Il fallut remplacer les morts, recruter derechef.
22 mars 2009
Comment accéder à Derechef ?
Ça commençait à faire longtemps que je n'avais pas fait le point sur les requêtes utilisées par nos visiteurs pour arriver sur Derechef. Voici donc la liste des mots-clés les plus récents, où l'on constatera que si Evelyne Thomas demeure une valeur sûre, il y a surtout beaucoup de gens avides de savoir beaucoup de choses sur les juifs. A ceux-ci, je proposerai de méditer ce texte de Samuel Ornitz :
Je vous le dis, [...] voulez-vous comprendre les Juifs ? Dans ce cas, allez de par le monde, séjournez dans tous les pays et essayez de comprendre tous les peuples qui vivent sur la surface de la terre. Les Juifs ne sont pas des Juifs. Ce sont des Allemands, des Russes, des Anglais, des Italiens, des Turcs, des Africains, et ainsi de suite. Ils appartiennent à des nations ; ils sont étroits d'esprit, larges d'esprit, mesquins, nobles, rapaces, généreux, idéalistes, matérialistes, stupides, ennuyeux, ignorants, fanatiques, libéraux, intelligents et éclairés. Ils sont le peuple le plus composite du monde. Ils ont toutes les caractéristiques, viles ou élevées, de la race humaine. Ils ont les tares de tous les peuples de l'univers.
Voilà pour tous ceux qui ont le sentiment d'appartenir à une communauté, et surtout pour tous ceux qui ont le sentiment que d'autres qu'eux appartiennent à une communauté. Et maintenant, la liste :
derechef
Hortefeux et nationalité béninoise
Martin Bouygues juif
les juifs sont partout
Joseph Ratzinger et le SIDA
Annie Cordy juive
Mathieu Vervisch
bleufer
Evelyne Thomas en string
Pernaud homosexuel
les conneries de l'église catholique à travers les siècles (j'adore)
Evelyne Thomas seins
juifs détester
pourquoi Zidane déteste Petit (sujet totalement absent de Derechef, en voilà un qui a dû être déçu)
les juifs détester
Annie Cordy est juive
les seins d'Evelyne Thomas
les juifs sont avares
nom et prénom du pape
que veut dire derechef
derechef tournois blanc (?)
Jean-Claude Trichet juif
opération phlegmon photos
epsilonesque
21 mars 2009
Portrait 2.0 : Joseph Ratzinger a.k.a. Benoît XVI
Joseph Alois Ratzinger est né en 1927. En 1953, il soutient une thèse de doctorat à l'Université de Münich qui porte sur Le peuple et la maison de Dieu dans la doctrine ecclésiale de Saint-Augustin, sujet qui vaut bien l'Amélioration de la résistance au choc du polyamide 12 par dispersion de polybutadiène hydroxytéléchélique, si on regarde bien. Entre deux, pas grand chose. Ah, si, Joseph Ratzinger a joué aux dés avec Günter Grass en 1945. L'histoire ne dit pas qui a gagné.
Bien qu'opposé à la théologie de la libération en ceci qu'elle serait fondamentalement une herméneutique et semble procéder d'une fin foncière de non-recevoir opposée à la modernité (bon, en fait, c'est juste parce que c'est un truc de gauchistes qu'il aime pas ça, faut pas chercher à comprendre plus loin...), Joseph Ratzinger devient en 1998 Commandeur de l'Ordre de la Légion d'Honneur, ce qui n'a certes aucun rapport, mais on se demande quand même bien pourquoi.
En 2005, un chilien, Jorge Arturo Medina Estévez, annonce à la chrétienté et au reste du monde que Joseph Ratzinger a été élu pape. Il choisit comme nom de scène Benoît Ixvéhi, qu'on écrira pour plus de facilité Benoît XVI (ou Benedetto XVI, ou Benedict XVI, ou Benedikt XVI etc..., les papes présentant généralement la singularité d'être les seules personnes dont le prénom se traduit, c'est étrange, Mathieu Vervisch ne devient pas Matej quand il va tourner à Prague, que je sache, mais là n'est pas le propos). Quoi qu'il en soit, ce pseudonyme assurera sa notoriété, si bien que Google renvoie 200 000 références de plus à la requête Benoit XVI qu'à la requête Joseph Ratzinger.
Benoît-Benedetto-Bendict-etc XVI est assez peu présent sur le web 2.0, ce qui n'est pas surprenant. Ainsi, sur Facebook, il n'y a qu'un profil au nom de Joseph Ratzinger (257 amis), 3 au nom de Benoît XVI (0, 0 et 149), et assez peu, avec pas plus d'amis, avec les autres traductions de son prénom. Chose amusante, il semble qu'à Singapour Xvi soit un nom relativement répandu. L'un de ces Xvi a pour prénom Benedict, et il a 165 amis sur Facebook, apparemment presque tous de Singapour. Ah ah ah, voilà qui est cocasse.
Benoît XVI (Ratzinger, pas Benedict Xvi de Singapour) considère que l'utilisation du préservatif aggrave le problème du SIDA.
18 mars 2009
Facebook m'a garder
Quelques semaines avant Frédéric Beigbeder, j'annonçai que j'allais quitter Facebook. Je dis pas ça pour faire genre Beigbeder m'a copier, c'est juste pour qu'on ne me fasse pas le procès de suivre la mode qu'il est certainement en train de lancer. Et je sais bien que je n'étais pas le premier. En février donc je supprimai toutes les informations personnelles de mon profil, toutes les photos, toutes les applications et tout ce que je parvins à supprimer. Ce qui fut déjà une longue et douloureuse épreuve, car rien n'est fait pour faciliter le désengagement. Puis je laissai un mot sur mon mur pour expliquer la démarche, mot qui suscita une gentille réaction d'au moins deux de mes (relativement) nombreux Facebookfriends, et annoncer que j'allais fermer définitivement mon compte quelque temps plus tard.
Ce que j'ai tenté de faire hier. Puis aujourd'hui. Et c'est pas facile... Facebook propose en fait de désactiver son compte, mais pas de le supprimer totalement. C'est-à-dire qu'il garde toutes les informations. Sauf si on lui demande gentiment, mais il faut trouver comment... La démarche consiste à aller chercher dans l'aide comment faire, et là on finit par trouver un bouton sur lequel cliquer, avec 28732 vérifications de sécurité, et vas-y que es-tu vraiment certain de vouloir quitter facebook ? vraiment définitivement ? vraiment sur de sur ? bon, OK, si t'insistes, mais alors au cas où tu changerais d'avis on te le garde quand même actif pendant encore 14 jours, ton compte, et après, là d'accord, promis, on te laisse partir. Et tes données avec. Bah oui, mais moi c'est maintenant que je veux partir, pas dans 2 semaines !
Alors là, en googlisant quitter facebook, j'ai fini par trouver une combine. Qui consiste à se créer un nouveau compte facebook, avec une autre adresse valide, et après cette création modifier l'adresse de contact en mettant celle de l'ancien compte. Ce que j'ai fait. Et effectivement, après ça, il devient impossible d'accéder à son ancien compte. Super.
Mais... même si je ne peux pas accéder à ce profil, qu'est-ce qui me garantit qu'eux ont bien tout effacé ? Rien. Et même alors, dans les statistiques de Facebook, il n'y a pas un membre en moins, puisqu'un Krusty le clown a remplacé un Olivier Talon (pouvez toujours chercher, des Krusty y en a toute une panoplie...).
M'énerve...
09 mars 2009
Portrait 2.0 : Brice Hortefeux
Quand on tape Brice Hortefeux sur Google, il y a 1 040 000 réponses. C'est vertigineux, surtout quand on considère qu'il n'y en a que 99 100 pour Pierre-Gilles de Gennes. On apprend au hasard de ces 1 040 000 réponses des choses étonnantes sur Brice Hortefeux. Notamment qu'il possède la double nationalité Franco-Béninoise, et qu'il est Commandeur de l'Ordre Camerounais de la Valeur (ce qui doit être une distinction trop super, en fait, quand on y réfléchit bien, et qu'il a probablablement hautement méritée).
Brice Hortefeux n'est pas inscrit sur Copains d'avant. C'est normal. Le seul copain qu'il ait gardé d'avant, c'est Nicolas Sarkozy, et il le voit très souvent, il n'a donc pas besoin du web 2.0 pour rester en contact avec lui. D'ailleurs, Brice Hortefeux n'a pas non plus beaucoup de copains de maintenant, apparemment, si on en croit Facebook. Sur Facebook, il y a en effet 6 profils au nom de Brice Hortefeux, sur 5 d'entre eux il n'a pas d'amis, et sur le sixième il n'en a que neuf. Cela étant, aucun de ces profils n'étant public, on peut douter de leur authenticité. L'activité globale relative à Brice Hortefeux sur Facebook est du reste assez faible. Un groupe à peu près officiel lui attribue 446 supporters, dont un qui s'appelle Mortimer Lefilsdepute (à mon avis c'est pas son vrai nom). Quelques autres groupes font référence à Brice Hortefeux, parmi ceux-ci on en retiendra un certain nombre qui prônent son expulsion, par exemple au Mali (68 membres), un qui propose de lui offrir une veste 3/4 en cuir pour lui donner un look gestapo (92), un qui trouve qu'il ressemble à Krusty le clown (40), un qui lui propose de renvoyer Cindy Sander sur sa planète (69), mais aussi, il faut bien l'admettre, quelques groupes de soutien, comme The BRICE HORTEFEUX appreciation society (184), malheureusement parasités par des opposants qui empêchent d'avoir une idée exacte du nombre de sympathisants de Brice Hortefeux (parfois appelé Brice-tout-luisant, c'est moche de se moquer comme ça...).
Brice Hortefeux a été député européen de 1999 à 2005. Manifestement peu assidu, si on en croit le nombre de ses interventions sur cette période : 55 questions dont 1 seule orale, la première, en 2000, et 7 interventions en séance plénière, la dernière datant de 2002. A titre de comparaison, son suppléant depuis qu'il a démissionné pour devenir ministre en juin 2005, Jean-Pierre Audy, 380 000 références Google, a en deux fois moins de temps posé 17 questions dont 2 orales, fait 7 propositions de résolution, pondu 2 rapports, émis 5 avis et perpétré 331 interventions en séance plénière. Bravo Jean-Pierre, bouh Brice.
Peu assidu, Brice l'était déjà apparemment à l'école (et c'est pour ça qu'il a pas d'amis d'avant, tout se recoupe). Né en 1958, il a obtenu sa licence de droit en 1982, à 24 ans, et sa maîtrise deux ans plus tard. Rien de particulièrement infâmant, certes, mais c'est bien loin de ce qu'on peut appeler un parcours scolaire et universitaire exemplaire.
En 2007, Brice Hortefeux a accepté de devenir Ministre de l'Identité Nationale.
07 mars 2009
Ludovic Picot chez le psy
LudovicPivot.mov.temp
Vidéo envoyée par Picot_75018

